De manière générale, nous faisons preuve d’une sévérité implacable envers nous-mêmes dès qu’il s’agit d’admettre une erreur ou de prendre une décision cruciale pour notre avenir.
Si nos cinq premières relations amoureuses se soldent par une rupture, nous nous convainquons d’être condamnés au célibat éternel.
Si, après des années d’études et de sacrifices pour obtenir un diplôme, nous réalisons que notre travail nous déplaît souverainement, nous nous vivons comme un échec ambulant sous prétexte de ne pas avoir tout planifié à la perfection.
Si nous portons le rêve d’écrire un livre, de lancer une association ou de créer un projet qui a du sens, mais que nous trébuchons dès le premier essai, nous concluons immédiatement que nous ne sommes pas faits pour cela.
Pourtant, face à des choix complexes et multidimensionnels, commettre des erreurs ou se tromer est bien souvent le signe flagrant que vous faites les choses correctement.
Voici pourquoi.
Premier choix vs Choix optimal
Pour une raison mystérieuse, nous nous attendons presque toujours à ce que notre toute première décision soit immédiatement la meilleure. Or, il est parfaitement normal — et même sain — d’échouer lors de ses premiers coups d’essai, surtout lorsqu’il s’agit des grands tournants de l’existence.
Prenez quelques exemples concrets :
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Trouver le bon partenaire de vie. Pensez à la toute première personne avec qui vous avez coulé un regard ou partagé un rendez-vous. Aurait-elle vraiment fait un partenaire idéal pour le reste de vos jours ? Trouver la personne qui vous correspond est une équation complexe ; exiger de soi de réussir du premier coup est tout simplement déraisonnable. Il est extrêmement rare que le premier essai soit le bon.
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Choisir sa voie professionnelle. Quelle était la probabilité qu’à 22 ans, vous soyez en mesure de choisir la carrière idéale pour la personne que vous deviendriez à 30 ou 40 ans ? Mesurez tout le chemin parcouru et tout ce que vous avez appris sur vous-même depuis. La vie est faite de transformations constantes. Rien ne justifie qu’un diplômé tout juste sorti de l’école devienne immédiatement l’architecte infaillible de toute sa vie future.
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Lancer une entreprise. Il est très peu probable que votre toute première idée d’entreprise soit la meilleure. Pour être tout à fait honnête, elle sera probablement médiocre. C’est la réalité brute du terrain d’entreprendre. (Pour la petite histoire, ma première idée d’entreprise m’a coûté 1 400 dollars de pertes sèches. Une vraie réussite !)
Dès qu’il s’agit d’enjeux d’envergure — comme définir ses valeurs sentimentales ou bâtir une trajectoire professionnelle —, le premier jet ne mène presque jamais à la solution idéale.
5 leçons essentielles sur le droit à l’erreur
Se tromper n’est pas la catastrophe que l’on s’imagine. En faisant le bilan de mes propres faux pas, j’en ai tiré cinq enseignements majeurs :
1. Un mauvais choix passé est une preuve de croissance, non un défaut d’intelligence
Lorsque vous réévaluez vos décisions d’il y a un an et que certaines vous semblent stupides, réjouissez-vous : cela signifie simplement que vous avez mûri. Si vous vous cantonnez toujours dans votre zone de confort par peur de trébucher, vous ne libérerez jamais votre potentiel réel. Si vous en savez déjà assez pour prendre la décision parfaite dès le premier coup, c’est que vous ne vous challengez pas assez.
2. Le premier choix étant rarement le bon, la seule urgence est de se lancer
Plus vite vous tirerez les leçons de vos erreurs, plus vite vous découvrirez la voie qui vous convient. Dans des domaines complexes comme l’entrepreneuriat ou les relations humaines, il faut plonger avant de se sentir prêt, car personne ne l’est vraiment au départ. La pratique reste la meilleure des écoles.
3. Découpez les défis gigantesques en sous-ensembles maîtrisables
Si vous me demandiez d’analyser le monde des affaires dans son ensemble pour vous donner la recette miracle, j’en serais incapable : le sujet est bien trop vaste. En revanche, je peux analyser n’importe quel site web et vous expliquer précisément comment l’optimiser pour récolter des abonnés, car c’est un domaine suffisamment ciblé pour y développer une vraie compétence. Si vous voulez améliorer la qualité de vos premiers choix, réduisez votre champ d’action. Comme le disait si bien le prix Nobel de physique Niels Bohr : « Un expert est une personne qui a commis toutes les erreurs possibles dans un domaine très restreint. »
4. N’écoutez votre intuition que si elle s’appuie sur l’expérience
Vous pouvez faire confiance à votre instinct uniquement là où vous avez déjà accumulé une solide expertise. Pour tout le reste, la seule façon de découvrir ce qui fonctionne consiste à adopter une démarche purement expérimentale.
5. L’inévitabilité de l’échec n’est pas une excuse pour baisser les bras
Savoir que vous allez commettre des erreurs ne doit ni vous déprimer ni vous inciter à baisser la garde. Il est indispensable de donner le meilleur de vous-même à chaque tentative, car ce sont l’effort et la pratique qui nourrissent l’apprentissage. Aucun choix n’est voué à l’échec par avance, mais l’erreur occasionnelle est simplement le prix à payer pour finir par avoir raison. Visez la victoire et jouez pour gagner dès le départ.
Votre premier choix sera rarement le choix optimal. Faites-le dès maintenant, cessez de vous juger si sévèrement, et commencez à grandir.